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2001 – l’odyssée de l’espace : rencontre avec Douglas Trumbull, légende des effets visuels

Il y a 50 ans sortait le chef-d’oeuvre de Stanley Kubrick, une oeuvre qui allait révolutionner la SF et le cinéma : “2001 : l’odyssée de l’espace”. Nous avions longuement rencontré en 2016 Douglas Trumbull, le superviseur des effets spéciaux du film.

Sans lui, Stanley Kubrick n’aurait sans doute jamais pu concrétiser la vision qu’il portait pour 2001 : l’odyssée de l’espace. Une oeuvre entrée au Panthéon du 7e art, notamment grâce à ses effets visuels, révolutionnaires et jamais vus jusqu’alors. “Lui”, c’est Douglas Trumbull, légende vivante des effets visuels. Inventeur de génie, on lui doit la direction des effets visuels de chefs-d’oeuvre de la SF comme Rencontre du 3e type de Steven Spielberg, ceux de Star Trek ou encore ceux de Blade Runner. Trois films qui lui valurent à chaque fois une citation à l’Oscar. Il fut aussi réalisateur d’un film de SF devenu un petit classique dans son genre, Silent Running, et réalisateur malheureux du film maudit Brainstorm en 1983, qui sera endeuillé par le tragique décès de son actrice principale, Natalie Wood. Echaudé et bridé par l’industrie Hollywoodienne, Douglas Trumbull est alors parti s’installer dans le Massachusetts, pour travailler notamment sur la conception de nouvelles caméras, très supérieures d’ailleurs à celles employées par Peter Jackson sur The Hobbit et James Cameron, ainsi que sur de nouvelles formes immersives de cinéma. En 2011, Terrence Malick a fait appel à lui pour gérer les effets visuels de son Tree of Life.

En novembre 2016, nous avons eu le privilège de rencontrer cette légende vivante désormais âgée de 76 ans, dans le cadre du Festival International du film d’Amiens. L’homme était affable, généreux. Ses souvenirs précis comme au premier jour. Nous avons longuement évoqué les coulisses de la création du film de Kubrick, sur lequel il travailla alors qu’il avait à peine 23 ans. Comme il le dit lui-même, “ca été la plus grande école de tous les temps de travailler avec Stanley Kubrick, qui fut mon mentor”.

Sa passion pour la Science-Fiction remonte à son enfance. Tout jeune déjà, il dessinait des vaisseaux, des aliens et des planètes dans ses cahiers. Il nourrissait aussi une passion pour l’animation, en particulier le travail de Walt Disney. S’il se rêvait architecte, il sera finalement illustrateur. Il frappe à la porte de plusieurs studios, dont UPA, le studio d’animation derrière la création des Cartoon Mr Magoo. On lui dit qu’il n’est pas à la bonne place, avant de l’envoyer présenter son portfolio à une autre société du nom de Graphic Films, où il obtient très rapidement un poste.

“En fait, Graphic Films réalisait des films spéciaux pour la NASA et l’US Air Force. C’était des films de commande à usages internes. Un des films sur lesquels j’ai travaillé concernait le programme Appollo et le programme Mercury. J’illustrais alors des vaisseaux, des modules d’atterrissage, des bases lunaires… Je m’occupais de toutes les peintures du Background de ces vaisseaux et fusées. Ces films devaient servir à promouvoir le programme de la NASA au sein même du gouvernement ainsi qu’au sein du Congrès. Ces petits films avaient une valeur éducative” explique Douglas Trumbull. “C’est comme ça que la société a reçu un contrat pour la Foire internationale d’exposition de New York, en 1964-65, pour réaliser un film du nom de To the Moon & Beyond, ainsi que trois autres. Il fut projeté dans une salle circulaire abritée sous un dôme, avec un procédé baptisé Cinerama 360. L’image était circulaire et en 70mm, et le film fut tourné en 24 images / seconde. Ca été mon premier film, qui était déjà dans un format très inhabituel !”

Parmi les spectateurs enthousiastes de To the Moon & Beyond figurent deux individus qui travaillent à mettre sur pied un film à la fois réaliste et de Science-Fiction : Stanley Kubrick et Arthur C. Clarke. C’est là que notre interview vidéo commence.

In Fine, si Douglas Trumbull témoigne d’une vraie admiration pour Kubrick, cela ne l’empêche pas de revenir à la fin de notre interview sur le comportement bien peu élégant de ce dernier à propos de l’attribution de l’unique Oscar du film et du maître…

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